Suis-je normale?

« La perception de nous-même est un reflet de la façon dont nous vivrons notre vie. » Stephen Richard

Le paradigme de l’image de soi

J’étais dans ma deuxième année au collège lorsque, pour la première fois dans ma vie, j’ai réalisé que si je veux vraiment quelque chose, je peux l’atteindre. J’étais dans ma classe de français pendant le trimestre où nous étudions l’art dramatique. Le professeur venait de nous présenter le concept de la pièce de théâtre et nous avions à en produire une en équipe pour la fin du trimestre. Certains d’entre nous y participeraient en tant qu’acteurs et le reste collaborerait à la production de la pièce.

Je dois vous dire que pendant mon enfance, je n’étais pas la fille la plus populaire à l’école. En fait, j’avais été étiquetée comme une fille studieuse, gênée et antisociale. Quoi qu’il en soit, je voulais être l’un des personnages principaux. Je ne sais pas pourquoi, mais j’avais toujours voulu jouer dans une pièce de théâtre. Me mettre dans la peau d’un personnage me fascinait.

Donc, pour la première fois de ma vie, lorsque le professeur a demandé qui voulait être l’un des acteurs, j’ai levé la main si vite et si haute que tout le monde m’a regardée d’un air abasourdi. En me sentant fixée par les regards stupéfiés de mes camarades de classe, j’ai créé une bulle de pensée critique : « Elle se prend pour qui, elle? Elle a passé toute sa vie cachée dans l’ombre et maintenant, soudainement, elle veut être une vedette? Vraiment? »

Oui, vraiment!

J’étais parfaite pour jouer le personnage principal parce que dans la pièce elle jouait du piano et j’étais pianiste depuis dix ans! Ainsi, l’enseignant a pris mon nom, tout en demandant si quelqu’un d’autre souhaiterait jouer un rôle (il n’y avait que 3 personnages principaux).

Eh bien, à mon désarroi, Mlle Populaire leva la main, suivie de son petit copain M. Ego!

Ce qui était encore plus atroce pour moi, est le fait qu’ils ont été bien acclamés par le reste de la classe, étant le couple de l’année. Je pensais que le professeur proposerait un vote et que cela tuerait mes chances d’être sur scène, mais heureusement pour moi, ce n’est pas ce qui s’est passé. Le professeur nous a donné les scénarios et nous a dit qu’il choisirait la meilleure personne pour le rôle à l’audition lors de la première répétition.

Et voilà ma chance! Ce que personne ne savait de moi à l’époque était que lorsque je veux quelque chose, je peux être assez déterminée. La discipline personnelle étant ma force, j’avais l’intention d’arriver extrêmement bien préparée!

Comme prévu, j’étais la mieux préparée... de beaucoup! Il y avait une scène de baiser dans le scénario, j’imagine que le jeune couple s’était arrêté à ne pratiquer que cette partie!

Tout le monde était bien étonné de voir que je connaissais chaque phrase par cœur; même celles des deux autres rôles ! Le professeur n’avait d’autre choix que de m’accorder le rôle du personnage principal... avec Mr EGO comme mon petit ami dans la pièce! Que j’ai dû embrasser!

Au cours de la performance finale, pour la première fois dans mon adolescence, et pendant un court instant, je me suis sentie importante, appréciée et valorisée en tant que personne.

L’image de soi est un problème pour bien des gens. La faible estime de soi provient de cicatrices du passé reliées aux nombreuses occasions où nous avons été étiquetés en raison des caractéristiques de notre personnalité, nos habiletés, nos inaptitudes, notre performance et nos comportements.

Nous avons ressenti le rejet lorsque nous ne respections pas les normes sociales de popularité, nous nous sommes sentis inadéquats lorsque nous n’apprenions pas aussi vite que nos camarades, et nous nous sommes sentis méprisés et mal aimés par les paroles cruelles et écrasantes des gens de notre entourage.

Ces mémoires ne s’effacent pas d’elles-mêmes. Même adultes, certains portent encore la douleur et la souffrance du passé, tentant de comprendre pourquoi cela s’est passé de cette façon et comment se libérer de cette chaîne accablante.

La vérité est que nous n’arriverons pas à tout comprendre. Si tout le monde apprenait à s’aimer, à s’aider et à se respecter les uns les autres, nous vivrions dans un monde totalement différent. Mais comme ce n’est pas le cas, nous devons apprendre, à un moment donné de notre vie, à nous libérer des étiquettes et des mauvais traitements du passé et changer notre perception de qui nous sommes vraiment.

Personnellement, il m’a fallu un certain temps pour accepter cette vérité, mais maintenant, je crois que chaque être humain a une raison d’être dans la vie. Le but principal étant d’apprendre, de s’épanouir et de contribuer de différentes façons à un monde meilleur. Je crois aussi que nous sommes nés dans ce monde pour créer, ensemble et avec l’Univers, une vie remarquable, radieuse et enrichissante.

Au cœur de ce système de croyances, il y a une pensée contre laquelle j’ai lutté pendant longtemps; mais une fois que je l’ai vraiment acceptée, ma vie a changé.

« Je suis suffisante et normale »

Beaucoup de nos réactions émotionnelles proviennent du fait que nous croyons que nous ne sommes pas suffisants. Nous pensons que nous ne sommes pas assez intelligents, assez bons, pas assez intéressants, pas assez habiles, pas assez instruits, pas suffisamment attrayants et pas assez aimables.

Ces convictions viennent du fait que nous nous percevons à travers les yeux critiques des autres. Cela vient aussi du fait que nous nous comparons aux autres. Le problème est que nous avons tendance à seulement nous comparer aux meilleurs, à la plus belle, ou au génie!

 J’ai vraiment eu un client en coaching qui m’a dit un jour :

— Je ne pense pas être très intelligent.

 — Qu’est-ce qui vous fait dire ça?, ai-je demandé.

— Eh bien, si je me compare à Einstein, je ne le suis pas! 

C’est évident que cette croyance n’aide pas à rehausser l’estime de soi!

Comment désamorcer la croyance que vous n’êtes pas suffisant ?

Étape 1: Libérez-vous du passé

Reconnaissez le fait que la croyance de ne pas être suffisant, pas assez... provient de vos expériences passées et des critiques des autres. Tout comme vous avez cessé de croire au père Noël, vous pouvez cesser de croire ce que les gens ont dit de vous.

Les paroles des personnes de votre passé ne définissent pas qui vous êtes aujourd’hui. Bien que ce fût méchant et irrespectueux, la raison pour laquelle ils vous ont abaissé provient de leur propre souffrance et de leurs craintes internes. Ça n’a rien à voir avec vous personnellement.

Les paroles des gens sont basées sur leurs propres sentiments et perceptions d’une situation et la majorité du temps, ils n’ont aucune idée jusqu’à quel point leurs critiques peuvent être blessantes.

Il est temps de vous libérer des étiquettes du passé et de reconnaître votre excellence.

Étape 2 : Changez votre perspective

Réfléchissez sur ce concept : vous êtes toujours au milieu de l’échelle des compétences.

Ce que cela signifie, c’est que vous trouverez toujours des gens qui sont moins qualifiés ou compétents que vous sur un sujet particulier, et vous trouverez toujours des gens qui sont plus qualifiés ou plus compétents que vous dans autre chose.

Je peux vous assurer que la majorité d’entre vous êtes bien meilleurs que moi à cuisiner! Je n’aime pas la cuisine et je reconnais mon inaptitude à concocter de petits plats gourmets.

Certains d’entre vous êtes bien meilleurs que moi au jardinage. Chaque fois que je reçois une plante, elle meurt dans mon bureau. Je dois la donner à ma collègue qui est 100 fois meilleure que moi pour en prendre soin.

En même temps, je suis probablement plus habile que vous à changer mes habitudes, gérer mes émotions, communiquer authentiquement et aider les gens à faire de même parce que c’est ma passion et je pratique ces techniques depuis des années.

Maintenant, si je me compare à Anthony Robbins, c’est certain qu’il est meilleur que moi, mais cela ne signifie pas que je ne suis « pas assez bonne ». C’est juste un fait. Je peux essayer d’améliorer mes compétences et de modéliser ses techniques et de devenir encore meilleure que je suis en ce moment, mais je ne serai jamais Anthony Robbins.

Je serai toujours Nancy Lehoux. C’est la même chose pour vous. Comme l’a dit ma bonne amie, Marie Laroche : « Ne laissez jamais personne vous dire que vous n’êtes pas capable de faire quelque chose. Trouvez votre pouvoir interne qui vous a été donné à la naissance.

Offrez ce cadeau à quiconque en a besoin. Il vous reviendra au centuple et de façon inattendue. » 

Étape 3 : Reconnaissez QUI vous êtes

Reconnaissez tous les attributs et qualités que vous possédez. Vous êtes né avec des talents, des intérêts et des caractéristiques naturelles. Écrivez-les sur un morceau de papier.

Reconnaissez vos qualités réelles, et pas seulement ce que les gens vous disent d’écrire sur un CV! Vos forces naturelles sont votre puissance.

Cessez de vous concentrer sur ce que vous ne faites pas bien et commencez à reconnaître ce que vous faites de formidable!

Vous êtes correct! Vous êtes normal! Vous êtes en évolution!

Alors, c’est à votre tour d’étendre vos ailes et hurler : « Je suis bon! » « Je suis correct! » « Je suis assez compétent! » « Je suis en constante évolution! »

Écrivez ces déclarations sur votre ordinateur, sur votre téléphone, sur votre miroir de salle de bain, partout où vous pouvez le voir, le lire et l’absorber.

C’est ainsi que vous reprogrammerez votre cerveau pour vous voir comme vous êtes réellement.

Vous êtes plus que suffisant. Vous êtes VOUS!

Tiré du livre : Briser la chaîne - Celle qui vous empêche de vous réaliser

 

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